samedi 1 décembre 2012

Question de style

Le style est un des sujets que l'on aborde vite lorsque l'on se pique d'écriture. Dès l'école, on vous fait des remarques sur votre style...Trop lourd ou pas assez travaillé, trop simple ou très agréable, parfois remarquable...Vous commencez en fait à développer votre style dès que vous vous exprimez à l'écrit et vous commencez à le travailler sitôt que vous avez assez lu pour vous rendre compte des différents styles d'écritures.

Mais qu'est-ce que le style, puisqu' il y en a plusieurs? C'est un peu comme une signature, ce qui fait que vos écrits ont une personnalité, d'ailleurs on étudie vite en littérature les styles des auteurs...

Alors forcément, toute personne qui aime écrire se cherche un style. On cherche à trouver celui qui serait unique, bien entendu, en méprisant des centaines d'années de recherches, des milliers de livre...On imite ceux qu'on aime. On cherche la perfection, on traque la faute en tombant amoureux ou amoureuse des classiques, ou on les déteste,
on s'enthousiasme pour les romantiques, on multiplie les baroques et leurs envolées qui se profusionnent dans la débauche linguistique, on tombe en amour pour Vian, Queneau, Le Clézio, Apollinaire....puis on se pose. Un jour, on prend un peu de hauteur et de recul

A quoi cela sert-il d'élaborer un pastiche ou un plagiat de style pseudo-intellectuel qui finit par gonfler tout le monde, à lasser, à devenir lourd? 
A quoi sert la perfection en Français, si c'est pour être lu par une poignée d'esprits restés dans un monde figé, qui s'asphyxient dans les volutes de ce qu'ils croient être les hautes sphères, parce que là-haut, on oublie de respirer. Parce que là-haut, il n'y a pas assez d'oxygène...surtout qu'à vouloir être parfait, on finit par rester médiocre.

"ses ailes de géant l'empêchent de marcher" Baudelaire  a bien compris cette situation. Le mieux est l'ennemi du bien, dit la sagesse populaire. Lorsqu'on a compris cela, on commence à comprendre ce qu'est le style. Et on le laisse parler, s'exprimer, on le laisse vivre avec ses fautes et ses manquements à l'académisme.

Finalement, on finit par se rendre compte que le style littéraire est moins important que le partage des émotions et des idées, et que tout texte ne vit que par ses lecteurs, et qu'en fait de style, il se doit d'être vivant, simple. On l'oublie, ce fameux style... avant de se rendre compte qu'on a trouvé le sien.

Question de style, en fait... 

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