samedi 8 décembre 2012

Humiliés et offensés

Aujourd'hui, je vous présente un extrait d'un auteur qu'on connait mal et qui est synonyme, trop souvent, et injustement, de lecture difficile et hardue.
L'extrait se passe au XIXème siècle. Dans une ville sale et pourtant belle, qui est encore un joyau, qui se visite comme une perle sous la neige en hiver, des drames se nouent:


C'était l'étrange récit des relations mystérieuses, presque incompréhensibles, d'un vieillard vivant encore après la mort de sa raison, avec sa petite-fille qui déjà comprenait, malgré qu'elle fut si jeune encore, bien des choses (...)

C'était une histoire sombre, une de ces histoires ténébreuses et poignantes qui se déroulent sous le lourd ciel de Pétersbourg, dans les rues obscures, tortueuses et cachées de l'immense cité, au milieu des effervescences étourdissantes de la vie, des égoïsmes stupides, des intérêts qui se heurtent, au milieu des dépravations et des crimes, au centre de cet enfer d'une vie absurde... 

Dostoïoevski, Humiliés et offensés, 1861,( traduction de E.Humbert, édition Plon.)

Cet auteur est un des auteurs majeurs de tous les temps, pour moi, son style est parfois assez chargé, il est vrai mais il reflète l'âme russe, sa fantaisie, sa violence des sentiments, la dureté de ce pays et toute son énergie.
Il a écrit des oeuvres plus courtes que l'Idiot ou les Frères Karamasov, il est donc assez accessible, même en feuilletant un roman au hasard, on trouve toujours des passages intéressants. Dostoïevski est le contraire d'un être cynique, sans doute ce qu'il a vu et relaté l'a touché profondément et il oscille entre révolte et fatalisme. 
Je vous le conseille donc vivement. 

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